Lutte à la pauvreté - « Le gouvernement ne peut pas se cacher derrière un comité et ne rien faire » - Manon Massé

MONTRÉAL, le 13 nov. 2017 /CNW Telbec/ - Dans la foulée du rapport du Comité gouvernemental sur le revenu minimum garanti (RMG), la porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, s'inquiète plus que jamais que le Plan de lutte contre la pauvreté que doit déposer le gouvernement ne vaille même pas le papier sur lequel il sera imprimé.

« Il y a bien quelques mesures intéressantes dans le rapport du comité, mais si le ministre se contente d'appliquer les recommandations qui s'y trouvent, ce n'est pas demain la veille que les Québécois sortiront de la pauvreté. Le rejet pur et simple du revenu minimum garanti sur la base d'une analyse abstraite, sans même l'avoir essayé sur le terrain, me semble injustifié. Partout ailleurs, comme c'est le cas en Ontario, le revenu minimum garanti est testé par le biais de projets pilotes pour connaitre ses implications concrètes dans la réalité.  Ici, le comité se base uniquement sur de savants calculs théoriques pour se faire une tête.  Ça me semble douteux », affirme Manon Massé.

Le Comité gouvernemental recommande plutôt d'augmenter faiblement l'aide sociale pour que la prestation de dernier recours atteigne 55% de la Mesure du panier de consommation (MPC).  Cela aurait comme effet d'augmenter l'aide sociale de seulement 1,30$ de plus par jour pour ses prestataires. Il faut aussi noter que le MPC est une mesure de calcul de la pauvreté minimale extrêmement contestée parce qu'elle ne correspond aucunement à un véritable seuil de la pauvreté.  Un revenu de 18 000$ par année n'est absolument pas suffisant pour sortir de la pauvreté comme en conviennent d'autres « experts » que ceux choisis par le gouvernement.

« Avec une hausse si minime que 1,30$ par jour, les assistés sociaux pourraient s'acheter un gros pot de beurre de peanut par semaine. On est loin du compte. J'espère que le ministre ne se cachera pas derrière le rapport de ce comité pour ne rien faire. Son plan de lutte contre la pauvreté qu'il promet depuis longtemps doit être à la hauteur.  Les demi-mesures ne sont plus permises lorsque le gouvernement a un surplus annuel de 4 milliards $ et que les dirigeants d'entreprises au bord de la faillite comme Bombardier sont payés des dizaines de millions en bonis à même les fonds publics », ajout-elle.

Québec solidaire invite le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale à tabletter le rapport du Comité pour plutôt relire son propre livre avant de finaliser son plan de lutte à la pauvreté.  Dans son livre « Un revenu garanti pour tous»,  François Blais écrivait ceci :

« La deuxième chose que j'aimerais voir ce livre changer chez ses lecteurs concerne, bien entendu, leur perception de la pauvreté et de l'exclusion. Celles-ci ne devraient pas être considérées comme le propre de la condition humaine. En fait, elles résultent pour une bonne part d'arrangements économiques et sociaux déficients sur lesquels nous gardons un pouvoir d'intervention. [...] Des groupes d'intérêt puissants veillent à la préservation de leurs prérogatives. » (p. 17)

« Je suis d'accord avec François Blais l'auteur, mais beaucoup moins avec François Blais le ministre derrière les coupes et les pénalités à l'aide sociale. J'espère que M. Blais reviendra à ses racines et s'attaquera enfin aux ''groupes d'intérêts puissants'' qui défendent un système économique injuste qui perpétue la pauvreté, mais sur lequel, selon lui, ''nous gardons un pouvoir d'intervention'' », rappelle Mme Massé.

 

Consulter le contenu original : http://www.newswire.ca/fr/releases/archive/November2017/13/c2953.html

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