Projet de loi 21 sur la laïcité - M. Legault, on veut des réponses!

QUÉBEC, le 4 avril 2019 /CNW Telbec/ - Le premier ministre du Québec, M. François Legault, doit laisser le débat entourant la laïcité suivre son cours. Cet enjeu, qui implique les droits fondamentaux des citoyens, exige du temps et de l'écoute. D'autant plus que pour l'instant, le gouvernement se fait très discret sur la manière dont cette loi sera appliquée et sur les sanctions qui seront imposées en cas de non-respect.

Hier, lors de la période de questions, le chef de l'opposition officielle, M. Pierre Arcand, a tenté d'obtenir plus d'information de la part du premier ministre. « Qui va s'assurer, par exemple, qu'un nouveau professeur enlève sa croix? Qui va permettre à un de ses collègues de garder son foulard? Et, ça va être quoi, les conséquences de ça, si le professeur ne l'enlève pas? Ça va être quoi, les conséquences dans votre projet de loi?», a questionné M. Arcand.

Ses interventions sont demeurées sans réponse.

La députée de Marguerite-Bourgeois et porte-parole de l'opposition officielle en matière de laïcité, Mme Hélène David, a également soulevé des inquiétudes découlant du projet de loi 21 sur la laïcité. « Ce projet de loi est miné de questions sans réponse. Le gouvernement, dans sa réflexion de plus de six mois, nous présente un nouveau concept que personne n'a vu venir même dans nos élucubrations les plus fantaisistes, et je nomme le port de signes religieux invisibles. Les patrons des organismes publics devront dénoncer le port de signes religieux invisibles. Le gros bon sens, disait le ministre. Le gros bon sens. Son gros bon sens, il s'applique comment sur une petite croix dissimulée sous ma chemise », a lancé Mme David.

Ce à quoi le leader parlementaire du gouvernement a répondu avec les mêmes lignes qu'il martèle depuis des jours sans apporter plus de nuance et d'information.

L'opposition officielle demande au gouvernement de cesser de prétexter l'état d'urgence pour tenter de régler en vitesse ce dossier. L'actualité des derniers jours témoigne de la sensibilité liée à cet enjeu.

« La société civile doit avoir le temps de s'exprimer. Un délai de cinq semaines pour permettre aux gens de dire ce qu'ils ont à dire et pour procéder à l'étude du projet de loi article par article est tout simplement irréaliste. Nous tenons à rappeler au premier ministre que nous vivons dans une société démocratique. Les gens ont le droit de faire valoir leurs opinions. Si M. Legault est sincère et qu'il souhaite vraiment un débat calme et serein, qu'il cesse de brandir la menace du temps pour régler un enjeu aussi sensible et qu'il offre des réponses à des questions tout à fait légitimes », ont soutenu M. Arcand et Mme David.

 

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